Premier jour/Première nuit

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C’est l’été (même s’il est bientôt terminé), c’est le temps des voyages et de l’évasion. Pour ceux qui ne sont pas partis et qui auraient envie de s’échapper par l’imagination, le diptyque Le premier jour et La première nuit de Marc Levy est fait pour vous !

Dans ces deux romans, nous suivons les aventures d’Adrien, astrophysicien et de Keira, archéologue. L’un est en quête de l’heure zéro de l’Univers, l’autre recherche l’homme qui engendra l’humanité. Par la force des choses, ils vont se retrouver et un pendentif va les emmener au coeur d’un périple tourbillonnant fait d’escales à travers le monde. Ce fragment les aidera-t-il à trouver ce dont ils aspirent depuis des années ? L’aventure n’est pas sans dangers et la quête de nos héros sera semée d’embûches. Car il semblerait que ce qu’ils sont sur le point de dévoiler pourrait avoir des répercussions majeures sur notre façon d’appréhender notre existence, et la vie telle que nous l’avons perçue jusqu’alors. Certaines personnes sont bien décidées à les empêcher d’en savoir davantage.

Entre Paris, Londres, Amsterdam, la Grèce, la Russie, la Chine, l’Ecosse ou encore l’Ethiopie, l’auteur nous trimballe dans une course folle qui ne connait aucun temps mort, et qui nourrira sans aucun doute le lecteur en quête d’aventures. J’ai trouvé que l’atmosphère propre aux différents lieux visités par nos personnages principaux était particulièrement bien retranscrite, et l’auteur parvient à faire défiler devant nos yeux des paysages aux antipodes les uns des autres. Il arrive presque à nous donner l’impression d’être aux côtés de Keira et d’Adrien, même si dans certains cas, nous sommes bien heureux de n’y prendre part uniquement grâce à notre imagination. Je pense plus particulièrement à une scène d’ascension de montagne pendant laquelle j’ai retenu mon souffle !

La réflexion amenée par l’auteur sur l’origine de la vie est elle aussi assez intéressante, même si je l’ai trouvée inaboutie. Plusieurs éléments de l’intrigue restent non résolus ou sans explication, et je dois avouer que ça a suscité une pointe de déception lorsque j’ai tourné la page finale. Le rythme effréné de narration met en place une tension à laquelle la fin ne rend pas totalement justice. J’aurais aussi aimé en savoir davantage sur certains personnages. Mais je pense que je dois remettre ça sur la fameuse éternelle insatisfaction du lecteur qui ne peut que frapper devant une intrigue de cette envergure.

Keira et Adrien sont des personnages auxquels on s’attache rapidement. Ils sont passionnés par leurs métiers et l’envie d’apporter leur contribution dans leurs disciplines respectives va bien au-delà de leur volonté de se distinguer et de flatter leur ego. Leur histoire d’amour est touchante, mais ne prend pas le pas sur l’intrigue principale. Certes, elle est au coeur de certaines de leurs décisions, mais les quelques passages un peu mièvres (je dois avouer que l’interpellation à la 2ème personne ne m’a pas beaucoup émue) sont rapidement éclipsés par l’étape suivante de leur quête. 

Certes, il y a des facilités et des coïncidences qui nous font souvent sourire, mais Marc Levy reste un conteur hors-pair. Si vous souhaitez vous plonger dans un bon pavé qui vous emporte dans une aventure unique et passionnante pour épicer un peu votre quotidien en cette fin d’été, foncez sans hésiter.

-Emy

PS: Merci à ma darling pour cette belle découverte !

Le premier jour et La première nuit, Marc Levy, Pocket, 494 p. et 487 p.

Mon édition est une intégrale des deux tomes (864 p.)

I’m not sure I went to New York

Il y a un peu plus d’un mois, je revenais de New York. Je ne pense pas publier un carnet de voyage sur le blog, je pense qu’on trouve suffisamment de photos et d’infos sur la toile pour encore rajouter quelques banalités de plus. J’ai plutôt envie de faire un petit billet réflexif, simplement reprendre les pensées qui me viennent quand je repense à mon voyage.

Aller à New York était un rêve que je nourrissais depuis environ une dizaine d’années. Outre l’aspect financier, divers éléments ont fait que je savais à l’époque que New York, ce n’était pas pour tout de suite. Et ça m’allait très bien. Ca me faisait plus de temps pour en rêver, prendre note des endroits à ne pas rater, y voyager dans mes films préférés, en parler avec d’autres New York dreamers, et m’abreuver sans relâche de récits de voyage publiés sur mes blogs favoris. Et tout ça a élevé New York au rang de fantasme, le fantasme incarné du voyage.

Et je l’avais si bien rangé dans cette boîte que quand je repense à mon voyage depuis mon retour, j’ai souvent besoin d’un petit moment pour me réajuster à la réalité. Y suis-je vraiment allée ? C’est assez étrange, car il y a eu beaucoup de moments intenses, mais il y a eu aussi beaucoup de moments où j’avais l’impression d’observer la ville avec une certaine distance. Un peu comme quand vous rêvez, et que d’une certaine façon, vous en êtes conscient. Ca donne au rêve un sentiment de réalité, une réalité qu’on n’arrive pas à cerner. Et c’est souvent ce sentiment confus qui émerge en premier lorsque je repense à mon voyage.

Et puis les souvenirs affluent et ne cessent de me nourrir depuis. Magiques et uniques à ma mémoire. La vue du Rockfeller Center, Central Park, Brooklyn Bridge, Grand Central, les collections de peintures du MoMA et du Met, la boutique de la Public Library, le déjeuner au Cafe Lalo, les cookies de Levain Bakery (!), les courses au Zabar’s, et puis les librairies… Books of Wonder, The Strand, le Barnes & Noble de Union Square… Les librairies sont bien souvent les endroits où je me sens le mieux et où étrangement, je prends le plus conscience de là où je me trouve réellement. J’aime ramener des souvenirs de mes voyages, des petites choses comme de belles cartes à encadrer ou des magnets pour mon frigo mais ramener un ou plusieurs livres (c’est souvent plusieurs, entendons-nous bien), ça, c’est toujours ce que je préfère. J’aime regarder ma bibliothèque et y voir les endroits où je suis allée. Parce qu’au fond, c’est quand je décroche mon tote bag de The Strand du porte-manteau que j’ai cette certitude. Oui, je suis allée à New York.

-Emy