I’m not sure I went to New York

Il y a un peu plus d’un mois, je revenais de New York. Je ne pense pas publier un carnet de voyage sur le blog, je pense qu’on trouve suffisamment de photos et d’infos sur la toile pour encore rajouter quelques banalités de plus. J’ai plutôt envie de faire un petit billet réflexif, simplement reprendre les pensées qui me viennent quand je repense à mon voyage.

Aller à New York était un rêve que je nourrissais depuis environ une dizaine d’années. Outre l’aspect financier, divers éléments ont fait que je savais à l’époque que New York, ce n’était pas pour tout de suite. Et ça m’allait très bien. Ca me faisait plus de temps pour en rêver, prendre note des endroits à ne pas rater, y voyager dans mes films préférés, en parler avec d’autres New York dreamers, et m’abreuver sans relâche de récits de voyage publiés sur mes blogs favoris. Et tout ça a élevé New York au rang de fantasme, le fantasme incarné du voyage.

Et je l’avais si bien rangé dans cette boîte que quand je repense à mon voyage depuis mon retour, j’ai souvent besoin d’un petit moment pour me réajuster à la réalité. Y suis-je vraiment allée ? C’est assez étrange, car il y a eu beaucoup de moments intenses, mais il y a eu aussi beaucoup de moments où j’avais l’impression d’observer la ville avec une certaine distance. Un peu comme quand vous rêvez, et que d’une certaine façon, vous en êtes conscient. Ca donne au rêve un sentiment de réalité, une réalité qu’on n’arrive pas à cerner. Et c’est souvent ce sentiment confus qui émerge en premier lorsque je repense à mon voyage.

Et puis les souvenirs affluent et ne cessent de me nourrir depuis. Magiques et uniques à ma mémoire. La vue du Rockfeller Center, Central Park, Brooklyn Bridge, Grand Central, les collections de peintures du MoMA et du Met, la boutique de la Public Library, le déjeuner au Cafe Lalo, les cookies de Levain Bakery (!), les courses au Zabar’s, et puis les librairies… Books of Wonder, The Strand, le Barnes & Noble de Union Square… Les librairies sont bien souvent les endroits où je me sens le mieux et où étrangement, je prends le plus conscience de là où je me trouve réellement. J’aime ramener des souvenirs de mes voyages, des petites choses comme de belles cartes à encadrer ou des magnets pour mon frigo mais ramener un ou plusieurs livres (c’est souvent plusieurs, entendons-nous bien), ça, c’est toujours ce que je préfère. J’aime regarder ma bibliothèque et y voir les endroits où je suis allée. Parce qu’au fond, c’est quand je décroche mon tote bag de The Strand du porte-manteau que j’ai cette certitude. Oui, je suis allée à New York.

-Emy

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