Letters from the teapot (2)

Chers amoureux des livres,

Aujourd’hui fut un dimanche « bandes-dessinées ». J’ai relu avec grand plaisir le premier tome de Broadway – Une rue en Amérique de Djief pour pouvoir enchaîner ensuite avec le deuxième tome qui est sorti il y a quelques jours. Un vrai régal. Ce soir, j’ai lu la dernière parution de Pénélope Bagieu, California Dreamin’. Je viens de la terminer, j’ai absolument adoré. 270 pages de bonheur. Si vous avez un cadeau à faire dans les jours à venir, ou si vous préparez déjà vos listes pour Noël, je vous recommande d’y ajouter ces petits bijoux.

BROAD2_p31extrait

Je compte bien sûr vous reparler de ces trois bandes-dessinées dans des billets séparés, mais j’avais envie de vous écrire quelques mots ce soir pour vous dire à quel point j’ai passé un bon moment. Tout en spontanéité. C’est un peu l’idée de ces billets écrits sur le pouce.

California-Dreamin-_-image-une-1-631x250

J’espère que vous allez bien, et que vous avez passé un bon weekend. Qu’êtes-vous en train de lire ? Et/ou dans quoi prévoyez-vous de vous plonger cette semaine ? Moi, je vais monter me coucher avec ma prochaine lecture, Miss Alabama et ses petits secrets de Fannie Flagg, dont je vous parlerai cette semaine sur le blog car il s’agit d’une lecture commune avec mon amie Shopgirl.

Je crois que j’ai tout dit pour ce soir. Je vous souhaite une belle soirée/nuit, et vous dis à très bientôt.

-Emy

Publicités

Un dîner avec Cary Grant

IMG_2915

J’ai reçu ce roman au printemps dernier (encore merci à Emjy), et je n’ai pas attendu bien longtemps avant de le découvrir tellement il me tentait. Aujourd’hui, vous avez enfin mon billet !

Un dîner avec Cary Grant est le premier des deux tomes que comptera l’histoire racontée par Malika Ferdjoukh, et il se concentre sur Jocelyn, un jeune français débarquant à New York au lendemain de la seconde guerre mondiale pour y étudier la musique. Il arrive à la pension Giboulée où il se rend compte qu’il y a eu un malentendu en raison de la mixité de son prénom. En effet, la pension n’accueille que des pensionnaires féminines ! Mais grâce à son talent de pianiste et quelques bienheureuses coïncidences, Jocelyn va pouvoir y rester et occuper le sous-sol de la maison. Il fait alors la connaissance des jeunes filles logeant à la pension Giboulée: Chic, Dido, Manhattan et Hadley. Aspirant toutes à danser ou jouer sous les feux de Broadway, elles insufflent au roman toute la vie dont il est fait grâce à leurs personnalités et leurs vies palpitantes. Vous vous attacherez à chacune d’entre elles, à leurs secrets et leurs aspirations… Mais Jocelyn n’est pas en reste non plus ! C’est un jeune homme extrêmement charmant et courageux qui essaie tant bien que mal de s’adapter à sa nouvelle vie. Il apprend à connaître les coutumes américaines, et à s’intégrer dans ce nouveau milieu qui le fascine autant qu’il l’intimide. Cela donne lui à quelques scènes assez drôles et cocasses !

J’ai adoré me balader dans le New York de l’époque, frénétique, bohème et transpirant de créativité. Cette effervescence artistique crée un monde d’infinies possibilités, où chaque destin peut basculer grâce à quelques notes de piano bien envoyées ou quelques pas de claquettes innovés. Le style de Malika Ferdjoukh est coloré et décalé, à l’image de ce à quoi elle nous avait habitués jusqu’ici. Tout ce que j’aime ! Broadway Limited est un bon gros pavé tout doux qui vous donnera le sourire ; il vous fera également voyager et rêver. C’est drôle, émouvant, mignon, romantique aussi, et merveilleusement bien écrit. Tout ce que la littérature jeunesse a de meilleur à offrir, un vrai coup de coeur. J’attends le deuxième volet avec grande impatience !

-Emy

Broadway Limited – Un dîner avec Cary Grant, Malika Ferdjoukh, L’école des loisirs, 583 p.

I’m not sure I went to New York

Il y a un peu plus d’un mois, je revenais de New York. Je ne pense pas publier un carnet de voyage sur le blog, je pense qu’on trouve suffisamment de photos et d’infos sur la toile pour encore rajouter quelques banalités de plus. J’ai plutôt envie de faire un petit billet réflexif, simplement reprendre les pensées qui me viennent quand je repense à mon voyage.

Aller à New York était un rêve que je nourrissais depuis environ une dizaine d’années. Outre l’aspect financier, divers éléments ont fait que je savais à l’époque que New York, ce n’était pas pour tout de suite. Et ça m’allait très bien. Ca me faisait plus de temps pour en rêver, prendre note des endroits à ne pas rater, y voyager dans mes films préférés, en parler avec d’autres New York dreamers, et m’abreuver sans relâche de récits de voyage publiés sur mes blogs favoris. Et tout ça a élevé New York au rang de fantasme, le fantasme incarné du voyage.

Et je l’avais si bien rangé dans cette boîte que quand je repense à mon voyage depuis mon retour, j’ai souvent besoin d’un petit moment pour me réajuster à la réalité. Y suis-je vraiment allée ? C’est assez étrange, car il y a eu beaucoup de moments intenses, mais il y a eu aussi beaucoup de moments où j’avais l’impression d’observer la ville avec une certaine distance. Un peu comme quand vous rêvez, et que d’une certaine façon, vous en êtes conscient. Ca donne au rêve un sentiment de réalité, une réalité qu’on n’arrive pas à cerner. Et c’est souvent ce sentiment confus qui émerge en premier lorsque je repense à mon voyage.

Et puis les souvenirs affluent et ne cessent de me nourrir depuis. Magiques et uniques à ma mémoire. La vue du Rockfeller Center, Central Park, Brooklyn Bridge, Grand Central, les collections de peintures du MoMA et du Met, la boutique de la Public Library, le déjeuner au Cafe Lalo, les cookies de Levain Bakery (!), les courses au Zabar’s, et puis les librairies… Books of Wonder, The Strand, le Barnes & Noble de Union Square… Les librairies sont bien souvent les endroits où je me sens le mieux et où étrangement, je prends le plus conscience de là où je me trouve réellement. J’aime ramener des souvenirs de mes voyages, des petites choses comme de belles cartes à encadrer ou des magnets pour mon frigo mais ramener un ou plusieurs livres (c’est souvent plusieurs, entendons-nous bien), ça, c’est toujours ce que je préfère. J’aime regarder ma bibliothèque et y voir les endroits où je suis allée. Parce qu’au fond, c’est quand je décroche mon tote bag de The Strand du porte-manteau que j’ai cette certitude. Oui, je suis allée à New York.

-Emy

A tree grows in Brooklyn

Il y a des livres qui vous marquent dans votre vie de lectrice, et A tree grows in Brooklyn en fait indéniablement partie. Alors qu’il est peu connu chez nous (il a récemment été réédité), il fait partie des classiques modernes aux Etats-Unis. Et après m’y être plongée, je peux vous dire que cela n’a absolument rien de surprenant.

Roman d’apprentissage dont l’action se déroule dans le New York du début du 20ème siècle, il dresse le portrait de Francie Nolan, notre jeune héroïne, ainsi que celui de sa famille. Sur environ deux décennies, Betty Smith nous raconte le quotidien plutôt rude des Nolan. Sans jamais tomber dans le misérabilisme, elle dépeint avec honnêteté une fresque familiale des plus poignantes.

« People always think that happiness is a faraway thing » thought Francie, « something complicated and hard to get. Yet, what little things can make it up ; a place of shelter when it rains – a cup of strong hot coffee when you’re blue ; for a man, a cigarette for contentment ; a book to read when you’re alone – just to be with someone you love. Those things make happiness. »

Toute la force de ce roman réside dans ses personnages féminins qui figurent désormais sur la liste des personnages les plus beaux que j’ai eu la chance de rencontrer sur papier. Ils sont bouleversants, tellement humains et forts. Croyez-moi, vous ne sortirez pas indemnes d’avoir fait leur connaissance.

A tree grows in Brooklyn est un roman merveilleux qui parle de la vie dans ce qu’elle a de plus beau et de plus éprouvant. L’auteur aborde des thèmes universels tels que l’éducation, occupant une place centrale ici, la famille, la filiation et les racines, en passant par des thèmes plus difficiles comme la pauvreté ou l’alcoolisme. Il s’agit d’un roman unique et finalement assez optimiste. Il nous enseigne de la plus belle façon qui soit que notre avenir nous appartient et que la fatalité n’est certainement pas une fin en soi.

« Who wants to die? Everything struggles to live. Look at that tree growing up there out of that grating. It gets no sun, and water only when it rains. It’s growing out of sour earth. And it’s strong because its hard struggle to live is making it strong. My children will be strong that way. »

Je vous ai glissé quelques passages parmi mes préférés (il y en a tant !), vous pourrez ainsi vous faire une idée du style à la fois fluide et poétique de Betty Smith. Ce roman est pour moi un chef d’oeuvre que je relirai sans aucun doute, avec la certitude d’en retirer à chaque fois davantage.

« She was made up of more, too. She was the books she read in the library. She was the flower in the brown bowl. Part of her life was made from the tree growing rankly in the yard. She was the bitter quarrels she had with her brother whom she loved dearly. She was Katie’s secret, despairing weeping. She was the shame of her father stumbling home drunk. She was all of these things and of something more… It was what God or whatever is His equivalent puts into each soul that is given life – the one different thing such as that which makes no two fingerprints on the face of the earth alike. »

fabac-11327576-large

Comme je le disais un peu plus haut, le roman a été réédité récemment chez Belfond sous le titre Le lys de Brooklyn. Cliquez pour plus d’informations. L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ? J’ai vu qu’il existait une adaptation. En vaut-elle le détour ?

-Emy

 A tree grows in Brooklyn, Betty Smith, Arrow books, 487 p.