Les Outrepasseurs – Les héritiers

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Alors qu’il rentre chez lui, Peter échappe de justesse à un attentat. Il est alors emmené à Lion House, la résidence d’un individu en qui sa mère semble avoir confiance mais qui éveille les soupçons de Peter. Sur place, il rencontre d’autres personnes qu’il n’avait jamais vues auparavant et qui appartiennent tout comme lui, à une société secrète appelée les Outrepasseurs. Afin d’en devenir membre, Peter et les autres héritiers de sa génération doivent passer une épreuve d’initiation qui déterminera si oui ou non ils sont dignes de rejoindre la communauté des Outrepasseurs.

Les Outrepasseurs a connu son petit succès sur la toile au cours de ces derniers mois. Le verdict semble sans appel, on accroche ou on n’accroche pas. Je suis ravie de vous annoncer que je figure dans la première catégorie. J’ai vraiment beaucoup aimé ce premier tome qui pose les bases de cette histoire extrêmement prometteuse. La plume de Cindy Van Wilder est ensorcelante. La narration est extrêmement bien maîtrisée, si bien qu’on n’a pas vraiment l’impression de lire un premier tome, mais la première partie d’un seul et même roman. Si cet aspect introductif en a découragé plus d’un, pour ma part, ça m’a plutôt séduite. Les héritiers fournit une base solide à l’histoire, il donne des racines aux personnages et les ancre autant que le lecteur dans ce nouveau monde qui s’ouvre à eux.

Ce qui m’a énormément plu également, c’est l’atmosphère troublante et souvent effrayante recréée par l’auteur. Rien n’est blanc, rien n’est noir. Le roman est un nuancier de gris où la cruauté et les instincts les plus sombres de l’âme humaine se dévoilent. Mais si les personnages sont loin d’être tous appréciables (et c’est ce qui fait le jus du roman), ils ne manquent pas de courage. Cindy Van Wilder joue brillamment avec les sentiments qui les animent et réveillent en eux ce qu’il y a de pire et de meilleur à la fois. L’instinct prend le pas sur la raison et vice versa. Elle leur fait vivre des épreuves qui les changeront à jamais et qui créeront entre eux des liens aussi solides que la malédiction qui les frappe.

Si vous aimez les récits dans le genre, je vous le recommande chaudement. Je compte me plonger dans les deux derniers tomes très bientôt. Affaire à suivre, donc…

-Emy

Les Outrepasseurs – Les héritiers, Cindy Van Wilder, Gulfstream, 350 p.

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Au manoir des frissons frissonnants

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Prenez votre mug de chocolat chaud, et préparez-vous pour une évasion des plus réussies au Manoir des Frissons frissonnants où vous ferez la connaissance de l’adorable Lili, la fille de Lord Goth, maître des lieux. Lord Goth ne s’est jamais remis de la perte de la mère de Lili et oblige sa fille à porter de bruyants godillons pour l’alerter de ses déplacements et pouvoir ainsi l’éviter. Car il lui est trop douloureux de passer trop de temps avec sa fille sans que celle-ci ne lui rappelle le douloureux souvenir de sa mère. Pourtant, Lili aimerait beaucoup que sa relation avec son père ne se limite pas aux thés du mercredi, mais en attendant, elle n’a pas d’autre choix que de ravaler sa solitude et de penser à autre chose. Heureusement, elle vient de faire la connaissance d’Ismaël, une souris fantôme victime d’un affreux piège à souris. Maltravers, l’effrayant garde-chasse d’intérieur du manoir des Frissons frissonnants serait-il à l’origine de ce malencontreux incident ? Alors que Lili va aider Ismaël à reposer en paix, elle va partir à la découverte des recoins les plus cachés de sa demeure et se faire une bande d’amis au passage en rejoignant le « club du grenier ».

J’ai vraiment tout aimé dans cette lecture. L’histoire est à la fois toute mignonne et pleine d’originalité, et les illustrations de Chris Riddell rendent ce roman illustré délicieusement fantasque. Lili Goth et la souris fantôme est sans conteste le résultat d’une imagination débordante ! Le tout fourmille de détails, que ce soit dans les dessins ou dans l’écriture. Je tiens d’ailleurs à souligner la qualité de la traduction française qui est brillante. Comment ne pas être intrigué par des lieux comme « l’aile brisée », « l’arrière de l’arrière-jardin », « le lac des carpes bavardes », « les étables instables » ou encore « le marécage de la mélancolie » ? (je ne peux vraiment pas choisir !). Il y a de nombreuses références à la littérature classique (je pense notamment aux noms des gouvernantes – excellentissime !), des notes de pieds de page délicieuses et des situations cocasses qui se succédent les unes aux autres (une course de bicyclettes métaphorique !). Ce mélange pour le moins unique fait de Lili Goth un petit bijou qui plaira tant aux plus jeunes qu’aux adultes qui auront quant à eux tout le plaisir de repérer le foisonnement de références, et de s’émerveiller devant l’ingéniosité de Chris Riddell. Croyez-moi, vous passerez un excellent moment !

Je trouve par ailleurs qu’il ferait un excellent présent au pied du sapin. Quant à moi, je rajoute à ma Christmas wishlist la série Apolline du même auteur et qui promet d’être tout aussi savoureuse ! Ca me fera patienter jusqu’à la sortie française du tome 2.

-Emy

Lili Goth et la souris fantôme, Chris Riddell, Milan, 224 p.