No man is an island – Every book is a world

Si vous voulez une jolie histoire toute douce se déroulant au coeur des livres, n’hésitez pas à vous plonger dans The storied life of A.J. Fikry. Ce petit roman vous apportera réconfort et tendresse.

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A.J. Fikry est un homme abîmé par la vie. Veuf, il vit dans l’appartement au-dessus de sa librairie, Island books située sur une petite île sur laquelle il n’est pas aisé de se rendre. A.J. est l’archétype du libraire replié sur lui-même, acariâtre et prétentieux. C’est en tout cas l’idée que s’en fait Amelia, représentante pour une maison d’édition qui se rend pour la première fois à Island Books pour présenter les nouvelles parutions de saison. La librairie d’A.J. est son terrier, un terrier fait de chagrin et de solitude, et dans lequel la flamme vive d’un feu de bois n’a pas brûlé depuis longtemps. Gare à qui s’y aventure. Pourtant, il y a bien quelque chose dans l’écriture de Gabrielle Zevin qui nous invite à ne pas juger trop vite cet ours mal léché. Et l’arrivée de Maya confirme nos soupçons de lecteur (très) perspicace (précisons-le). Maya est une petite fille très éveillée qui a été abandonnée par sa maman au sein de la libraire. Elle demande à A.J. d’en prendre soin et de donner aux livres une place significative dans son éducation, mais surtout dans sa vie. Et à partir de là, la vie de notre cher libraire prend un nouveau tournant.

L’histoire que nous conte Gabrielle Zevin est pleine de douceur et de vie. Aux côtés d’A.J. circule toute une bande de personnages qui ne manquent pas de donner ses couleurs au roman. The storied life of A.J. Fikry est un roman fait de personnages et de livres avec en son centre un libraire peu commun, imparfait et caractériel au sens littéraire bien affûté, et beaucoup moins snob qu’il ne voudrait le faire croire. Ceux qui parviennent à voir au-delà des apparences font partie du cercle des privilégiés. Et nous, lecteurs, jubilons d’en faire partie.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ma lecture, c’est que l’on ne suis pas uniquement l’évolution d’A.J. et de la communauté qui gravite autour de lui à l’arrivée de Maya. Le roman s’étale sur un grand nombre d’années, en nous offrant quelques pistes sur le sens de la vie, l’importance des livres et l’amour dans son sens le plus large. The storied life of A.J. Fikry est un joli roman que je recommande à tous les amoureux des livres pour qui ces derniers ne sont pas qu’une simple source de divertissement. Ils sont nos guides et nous aident au quotidien à démêler les noeuds les plus inextricables de notre existence. Certes, The storied life of A.J. Fikry n’est pas un roman parfait, mais c’est un roman avec un côté utopique qui met du baume au coeur. Au fond, c’est tout ce que je lui demandais. Tentés ? Déjà conquis ? Dites-moi tout !

Par ailleurs, l’auteur m’a sacrément donné envie de lire les nouvelles de Flannery O’Connor (A.J. est un grand amateur de nouvelles qu’il juge être un exercice bien plus périlleux que celui du roman, et celles de F. O’Connor figurent parmi ses préférées). En avez-vous déjà lues ?

-Emy

 The storied life of A.J. Fikry, Gabrielle Zevin, Abacus, 320 p.

Titre français :  L’histoire épatante de M. Fikry et autres trésors

Le secret de la manufacture de chaussettes inusables

Comme tous ceux qui ont adoré Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, c’est avec une certaine appréhension, mais aussi avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai vu apparaître sur les tables des librairies le nouveau roman d’Annie Barrows. Je me méfiais de son titre français que je soupçonnais tarabiscoté pour faire écho à celui de son prédécesseur et surfer sur son succès. J’ai d’ailleurs trouvé le titre original bien plus approprié (The truth according to us). Mais au fond, cela n’a pas bien grande importance, car derrière son titre vendeur se cache un roman merveilleux que j’ai découvert avec un immense plaisir.

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Layla Beck, fille de sénateur habituée à un certain train de vie, se voit couper les vivres par l’instance paternelle qui juge que si sa fille est assez indépendante pour refuser le prétendant de son choix, elle l’est également pour subvenir à ses propres besoins. Grâce à l’aide de son oncle, on lui confie la commande d’un livre dans le cadre d’un projet gouvernemental. Elle doit se rendre en Virginie Occidentale, dans la petite ville de Macedonia pour en écrire l’histoire. Sur place, elle prend pension chez les Romeyn, une famille autrefois reconnue au sein de la petite ville et autour de laquelle plane un certain mystère aujourd’hui. Elle y fait la connaissance de Willa et Bird, les deux petites filles de Felix, seule figure masculine au sein de la maison. Felix est souvent en déplacement pour ses « affaires », et c’est essentiellement l’une de ses soeurs, Jottie, qui s’occupe des filles. Layla débarque donc au sein de cette maisonnée à la dynamique assez particulière et dont l’histoire résonne toujours dans la petite ville de Macedonia.

Le secret de la manufacture de chaussettes inusables est un roman magnifique où les personnalités s’entrechoquent et où la bonne répartie et les histoires incongrues ne manquent pas. Difficile de ne pas s’attacher à cette famille plutôt unique et d’en découvrir tous les secrets. C’est également un roman qui transpire la féminité de par ses narratrices, Willa et Layla, mais également en raison de tous les autres personnages féminins qui l’habitent, comme celui de Jottie, et ceux de ses soeurs aux personnalités atypiques dans une moindre mesure.  Jottie est un personnage magnifique, beau dans sa simplicité et son humanité. Elle a renoncé à beaucoup de choses, et vit toujours douloureusement la perte de son amour de jeunesse ainsi que la trahison dont elle a été victime, mais elle ne déteste pas la vie qu’elle s’est construite pour autant. Elle déborde d’amour pour ses nièces, et si elle rêve parfois d’un avenir meilleur, c’est surtout pour ces dernières. La petite Willa est aussi un personnage que j’ai énormément aimé. Elle est pleine de personnalité et de vivacité, en plus d’être une lectrice vorace. Son père et sa tante Jottie sont ses héros. Elle ne comprend pas toujours leurs décisions et leurs comportements, mais ces derniers exercent sur elle une fascination éveillant constamment sa curiosité. Au cours du récit dont elle détient une part importante de narration, Willa va passer de l’enfance à l’adolescence, cette période si cruelle où les illusions se perdent en même temps que les certitudes s’effritent. Elle fait partie de ces personnages dont on sait qu’ils seront promis à un avenir brillant parce qu’ils ont quelque chose de différent ; Willa est un petit éclat de verre qui n’a pas encore réalisé qu’il est un diamant brut. Le personnage de Layla est quant à lui essentiellement dessiné à travers sa correspondance où elle partage ses sentiments concernant sa nouvelle vie et les rencontres qu’elle y fait. Layla est un personnage qui connait lui aussi une belle évolution. L’insouciance et la désinvolture seront reléguées au placard pour laisser place à une maturité sincère et tendre. Ces trois personnages sont l’âme du roman, ils nous apportent énormément et ne manquent pas de nous émouvoir à plusieurs reprises.

Dans un style plutôt lent, le roman alterne plusieurs voix et structures narratives, lui donnant un rythme en parfaite adéquation avec l’histoire. Nous ressentons aux côtés de Layla la moiteur et la langueur propres aux étés cuisants où tout et rien se passe en même temps. Avec l’arrivée de la jeune femme, la chaleur monte, les personnalités s’exacerbent et les questions se posent. En cet été de 1938, les secrets de Macedonia se révèlent, et avec eux, sont exorcisés ceux de la famille Romeyn. Le secret de la manufacture… nous confie une histoire forte et émouvante que je vous recommande de tout coeur.

-Emy

Le secret de la manufacture des chaussettes inusables, Annie Barrows, Editions Nil, 621 p.

Autumn has arrived

L’automne… Source de renouveau, de jolies couleurs, de fraîcheur plus que bienvenue après l’été. Le chauffage se rallume, on ressort les couvertures moelleuses. C’est la rentrée littéraire. La rentrée des séries aussi. La bouilloire fonctionne de nouveau à plein régime et les sachets de thé défilent. Les envies de chocolat chaud et de tartes aux pommes se font ressentir. Celle de rester chez soi à se délecter des torrents de pluie qui martèlent nos fenêtres aussi. Le temps est souvent maussade, mais lorsque le soleil brille, sa lumière n’est comparable à celle d’aucune autre saison.

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Aujourd’hui, je voulais vous faire un petit billet cosy afin de vous parler de mes envies/projets pour cet automne.

– L’automne me donne envie de revoir mes films préférés. You’ve got mail en premier, sans doute parce qu’il commence en évoquant New York à l’automne. Je sais qu’il me donnera envie de remonter le temps jusqu’à mon voyage de l’année dernière. Même si en fait, j’ai tout le temps envie de remonter le temps pour revivre ces moments et revisiter cette ville, y redécouvrir ses librairies… The Strand. Books of wonder. Des lieux sacrés qui m’ont beaucoup marquée et dans lesquels je rêve de me balader de nouveau. Grâce à ce film, j’ai la chance de pouvoir retrouver cette ambiance, et de revoir l’Upper West Side… A girl can dream… J’ai aussi très envie de revoir les adaptations libres d’Agatha Christie de Pascal Thomas avec Catherine Frot et André Dussolier. Oh, et Imogene McCarthery aussi. Des films à l’ambiance unique et très automnale ! Et n’oublions pas Practical magic, mon film d’Halloween :-) Quel est le vôtre ?

– Les Potterheads parmi vous doivent déjà être au courant, mais une version illustrée d’Harry Potter and the philosopher’s stone sort le 6 octobre en anglais, et le 15 octobre en français. Je ne sais pas vous, mais moi je serai au rendez-vous ! Le mois d’octobre est d’ailleurs un mois parfait pour retourner à Poudlard !

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– Retourner à Poudlard, ou se plonger dans des livres à l’ambiance très atmosphériques ! Je compte vous faire un petit billet avec mes envies de lectures pour l’automne, et pour accueillir Halloween en particulier.

– J’ai aussi envie de relectures en cette saison. Rebecca de Daphné du Maurier ou Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh me tentent particulièrement.

– Les séries font également leur rentrée, mais de mon côté, j’ai surtout envie de retrouver l’ambiance de Stars Hollow, avec ses personnages loufoques et bien sûr les Gilmore Girls tout en me délectant de leur répartie unique.

– Au début du mois de novembre, je vais avoir la chance de visiter la foire du livre de Brive ! J’ai très hâte,  gros craquages en perspective ! Ca promet !

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– Et puis, entre deux, je ressortirai mes écharpes, mon manteau et mes robes de saison. Je partirai en quête d’une nouvelle paire de bottes tout en portant les quelques nouveautés qui ont déjà rejoint ma garde-robe. C’est vraiment la saison que je préfère pour m’habiller.

– C’est peut-être parce que je suis en train de lire un livre qui parle de pâtisseries de façon indécente, mais j’ai très envie de cuisiner ! Des gâteaux, des pommes chaudes, et l’envie de tester tout un tas de nouvelles recettes commencent sérieusement à me titiller les papilles !

Je pense que j’ai fait un peu le tour de ce qui constituera mon automne. J’espère qu’il sera riche en bonnes découvertes et en très bonnes lectures ! N’hésitez pas à me faire part de vos envies et projets pour la saison également, je suis curieuse de lire tout ça !

Je vous souhaite à tous de passer une merveilleuse saison automnale !

-Emy

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PS: The teapot… a lui aussi changé de look pour l’occasion. D’autres petites décorations de saison pourraient bien encore se glisser ça et là :-)

Hotel Summertime – Tome 1 : Amy

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Je mentirais si je disais que ce petit livre jeunesse ne m’avait pas d’abord séduite pour sa couverture. C’est d’ailleurs un peu pour ça que je n’ai pas craqué tout de suite. Vous voyez, je craignais que cette adorable couverture ne soit en réalité qu’une fourberie bien déguisée. Et puis le deuxième tome est sorti. Et le troisième. Franchement à trois contre un, difficile de résister. Et ils ont tellement réussi leur coup les vilains que je suis repartie avec les trois directement. Rien à voir avec le self control, c’était simplement une bataille perdue d’avance. Que ceux qui n’ont jamais été les victimes de ce genre de combine me jettent le premier livre !

Amy débarque avec son petit frère Thomas à Foxwood, quelque part dans la campagne anglaise. Depuis que son père s’est remarié, elle a hérité d’une demi-soeur, Tanya, et c’est chez les grands-parents de celle-ci qu’elle réside pour les vacances, pendant que leurs parents sont en lune de miel. Le moral n’est pas au beau fixe, les deux jeunes filles se sentent abandonnées par leurs parents, et ne s’entendent pas. Heureusement, l’ambiance est douce à Foxwood, et les choses deviennent très intéressantes lorsqu’elles découvrent l’hôtel Summertime, abandonné depuis des années par un propriétaire mystérieux…

Hotel Summertime s’est révélée être une très jolie lecture jeunesse. Douce et simple, exactement ce à quoi je m’attendais, tout en réussissant à me surprendre. L’intrigue est vraiment agréable à suivre et l’ambiance pleine de charme. Malgré la prévisibilité propre au genre, l’auteur a su parsemer son histoire d’éléments inventifs et originaux. Les personnages sont plaisants et volontaires, les adultes un peu caricaturés, sans pour autant que ça n’entache notre lecture. Si vous avez des enfants dans la tranche d’âge du public ciblé, je pense que ça leur plaira beaucoup. Et si vous êtes un grand enfant, comme moi, je pense que vous passerez également un très bon moment à Foxwood !

-Emy

Hôtel Summertime – Amy, Louise Byron, Flammarion Jeunesse, 214 p.

Les Outrepasseurs – Les héritiers

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Alors qu’il rentre chez lui, Peter échappe de justesse à un attentat. Il est alors emmené à Lion House, la résidence d’un individu en qui sa mère semble avoir confiance mais qui éveille les soupçons de Peter. Sur place, il rencontre d’autres personnes qu’il n’avait jamais vues auparavant et qui appartiennent tout comme lui, à une société secrète appelée les Outrepasseurs. Afin d’en devenir membre, Peter et les autres héritiers de sa génération doivent passer une épreuve d’initiation qui déterminera si oui ou non ils sont dignes de rejoindre la communauté des Outrepasseurs.

Les Outrepasseurs a connu son petit succès sur la toile au cours de ces derniers mois. Le verdict semble sans appel, on accroche ou on n’accroche pas. Je suis ravie de vous annoncer que je figure dans la première catégorie. J’ai vraiment beaucoup aimé ce premier tome qui pose les bases de cette histoire extrêmement prometteuse. La plume de Cindy Van Wilder est ensorcelante. La narration est extrêmement bien maîtrisée, si bien qu’on n’a pas vraiment l’impression de lire un premier tome, mais la première partie d’un seul et même roman. Si cet aspect introductif en a découragé plus d’un, pour ma part, ça m’a plutôt séduite. Les héritiers fournit une base solide à l’histoire, il donne des racines aux personnages et les ancre autant que le lecteur dans ce nouveau monde qui s’ouvre à eux.

Ce qui m’a énormément plu également, c’est l’atmosphère troublante et souvent effrayante recréée par l’auteur. Rien n’est blanc, rien n’est noir. Le roman est un nuancier de gris où la cruauté et les instincts les plus sombres de l’âme humaine se dévoilent. Mais si les personnages sont loin d’être tous appréciables (et c’est ce qui fait le jus du roman), ils ne manquent pas de courage. Cindy Van Wilder joue brillamment avec les sentiments qui les animent et réveillent en eux ce qu’il y a de pire et de meilleur à la fois. L’instinct prend le pas sur la raison et vice versa. Elle leur fait vivre des épreuves qui les changeront à jamais et qui créeront entre eux des liens aussi solides que la malédiction qui les frappe.

Si vous aimez les récits dans le genre, je vous le recommande chaudement. Je compte me plonger dans les deux derniers tomes très bientôt. Affaire à suivre, donc…

-Emy

Les Outrepasseurs – Les héritiers, Cindy Van Wilder, Gulfstream, 350 p.