Hôtel Summertime – Tome 2 : Tanya

Après avoir refermé le premier tome, je n’ai pas résisté longtemps à me replonger dans l’univers d’Amy et Tanya et de retourner à Foxwood. Ce deuxième tome est une véritable ode à la saison automnale, et ce fut un vrai régal de participer aux évènements de saison ! Foxwood n’a pas grand chose à envier à Stars Hollow de ce côté-là (à part peut-être les Gilmore ^^). Et pour cause ! Comme chaque année à la même période, Foxwood célèbre William Monk, un cinéaste du début du 20ème siècle ayant réalisé toute une série de films d’horreur muets. Monk est un ancien résident de Foxwood, et plus précisément de l’hôtel Summertime qui apparaît dans plusieurs de ses films. De quoi agiter chaque année les habitants de notre charmant petit village et d’attirer les aficionados du réalisateur. Place aux déguisements, le festival Monk peut commencer !

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Ce deuxième tome est une nouvelle fois une jolie réussite. Nous retrouvons avec plaisir Amy et Tanya qui sont de retour à Foxwood pour les vacances d’automne. Elles rejoignent leur ami Callum, un grand amateur du travail de Monk. Ils décident d’organiser leur propre petit festival à l’hôtel Summertime. Ensemble, ils forment un beau trio plein de ressources. Ce n’est pourtant pas les déconvenues qui vont manquer et leur amitié sera mise à l’épreuve, notamment lorsqu’un acte de vandalisme remet en cause leur projet.

Plusieurs petites intrigues jalonnent ce deuxième tome dont l’une d’elle tourne bien entendu autour des ressources intarissables de l’hôtel. Il n’a pas fini de nous révéler ses secrets ! Louise Byron fait de nouveau un travail admirable sur l’ambiance, et tout ce que vous avez envie de faire lorsque vous refermez le livre, c’est de courir acheter quelques citrouilles afin d’assortir votre intérieur aux couleurs de l’automne. C’est le genre de petite lecture parfaite pour la saison.

-Emy

Hôtel Summertime – Tome 2 : Tanya, Louise Byron, Flammarion jeunesse, 236 p.

Hotel Summertime – Tome 1 : Amy

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Je mentirais si je disais que ce petit livre jeunesse ne m’avait pas d’abord séduite pour sa couverture. C’est d’ailleurs un peu pour ça que je n’ai pas craqué tout de suite. Vous voyez, je craignais que cette adorable couverture ne soit en réalité qu’une fourberie bien déguisée. Et puis le deuxième tome est sorti. Et le troisième. Franchement à trois contre un, difficile de résister. Et ils ont tellement réussi leur coup les vilains que je suis repartie avec les trois directement. Rien à voir avec le self control, c’était simplement une bataille perdue d’avance. Que ceux qui n’ont jamais été les victimes de ce genre de combine me jettent le premier livre !

Amy débarque avec son petit frère Thomas à Foxwood, quelque part dans la campagne anglaise. Depuis que son père s’est remarié, elle a hérité d’une demi-soeur, Tanya, et c’est chez les grands-parents de celle-ci qu’elle réside pour les vacances, pendant que leurs parents sont en lune de miel. Le moral n’est pas au beau fixe, les deux jeunes filles se sentent abandonnées par leurs parents, et ne s’entendent pas. Heureusement, l’ambiance est douce à Foxwood, et les choses deviennent très intéressantes lorsqu’elles découvrent l’hôtel Summertime, abandonné depuis des années par un propriétaire mystérieux…

Hotel Summertime s’est révélée être une très jolie lecture jeunesse. Douce et simple, exactement ce à quoi je m’attendais, tout en réussissant à me surprendre. L’intrigue est vraiment agréable à suivre et l’ambiance pleine de charme. Malgré la prévisibilité propre au genre, l’auteur a su parsemer son histoire d’éléments inventifs et originaux. Les personnages sont plaisants et volontaires, les adultes un peu caricaturés, sans pour autant que ça n’entache notre lecture. Si vous avez des enfants dans la tranche d’âge du public ciblé, je pense que ça leur plaira beaucoup. Et si vous êtes un grand enfant, comme moi, je pense que vous passerez également un très bon moment à Foxwood !

-Emy

Hôtel Summertime – Amy, Louise Byron, Flammarion Jeunesse, 214 p.

Les tricoteuses du bord de mer

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Les tricoteuses du bord de mer était dans ma PAL depuis un certain temps, et il faut croire que j’avais un pressentiment car ce roman m’a vraiment déçue. Il y a des moments où entre deux lectures, vous avez envie de vous lover dans une petite bulle de douceur, et c’est ce dont j’avais envie lorsque je l’ai choisi. J’avais beaucoup aimé Blossom street de Debbie Macomber, un roman du même genre (que j’appelle cosy chick-lit) se déroulant lui aussi autour d’une boutique de tricot, donc je partais assez confiante, d’autant que l’histoire se déroulait en bord de mer, un décor que j’apprécie toujours dans les romans.

L’histoire commence alors que Jo perd son mari et décide d’aller s’installer dans le village côtier où vit sa grand-mère. Elle reprend la boutique que cette dernière a tenu toute sa vie, offrant ainsi à sa famille un nouveau départ. Si l’ambiance est agréable dans son ensemble, je n’ai pas du tout aimé l’héroïne principale, je ne me suis ni attachée à elle, ni à son histoire. Jo a la fâcheuse tendance à se plaindre constamment, et de façon faussement modeste. Elle est toujours débordée, et on dirait que c’est un peu la seule façon qu’a trouvé l’auteur pour lui donner de l’importance. Les relations entre les personnages sont téléphonées et exagérément prévisibles. Certes, on ne lit jamais ce genre de roman pour son scénario bien ficelé, mais j’attends toujours quelques joutes verbales ou relations inattendues au tournant. Le club de tricot est finalement assez effacé, il ne semble être qu’une énième chose pesant sur les épaules de Jo qui a déjà tant à faire ! Les personnages sont stéréotypés et creux et ne parlons pas des passages entiers de dialogues entre et avec les enfants qui n’apportent absolument rien et qui m’ont agacée plus qu’autre chose.

Bon, j’avoue, je suis un peu dure mais je peux vous assurer que j’ai peiné à le terminer. Il existe une suite au roman que, comme vous vous en doutez, je ne lirai pas. Si vous cherchez une lecture dans le genre, je vous recommande plutôt la série Blossom Street que j’ai mentionnée ci-dessus.

-Emy

Les tricoteuses du bord de mer, Gil Mc Neil, City Editions, 381 p.

Le manoir de Tyneford

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Le manoir de Tyneford commence en 1938. Nous faisons alors la connaissance d’Elise Landau, une jeune femme de bonne famille, contrainte de s’exiler en Angleterre en raison du climat politique autrichien. A Vienne, elle laisse ses parents, et sa soeur qui, quant à elle, prévoit d’émigrer aux Etats-Unis avec son mari. Elise devient ainsi femme de chambre au Manoir de Tyneford, au service de Mr. Rivers, le maître des lieux. L’inquiétude quant au sort de ses proches et ses nouvelles conditions lui mènent la vie dure. Elise n’en montre pourtant rien. Petit à petit, elle va s’adapter, et des liens vont se tisser entre elle est les habitants de Tyneford. Elle va apprendre à apprécier sa nouvelle vie, à découvrir d’autres traditions et se forger de nouvelles habitudes. Et très rapidement, elle tombe sous le charme du manoir ainsi que de ses occupants, et réciproquement.

« Je ne vis la maison que lorsque nous fûmes presque arrivés. Au-dessus de la cime des tilleuls pointaient des cheminées et une girouette de lation en forme de bateau qui louvoyait et gambillait au vent. On aurait dit qu’elle naviguait sur un océan de feuillage (…). Enfin nous sortîmes de l’allée et Tyneford s’offrit à ma vue. Je n’oublierai jamais cette première vision. C’était un manoir simple et élégant. D’une couleur différente de celle des cottages (…). Ce ne fut pas seulement la beauté du bâtiment qui me frappa cet après-midi-là et bien d’autres après, mais aussi sa situation : rares sont les endroits en Angleterre où la nature a été plus prodigue (…). Une élégante terrasse courait le long de la maison d’où quelques marches menaient à une pelouse soyeuse qui descendait vers la mer. Toutes les fenêtres de la façade donnaient sur cette étendue d’eau étincelante, calme, enchanteresse. Je respirai de nouveau cet air à l’étrange odeur de thym, de terre fraîchement retournée, de sueur et de sel ».

« J’adorais cet endroit. J’aimais son côté sauvage, la mer battant les rochers noirs, le cri des oies cendrées dans le ciel, les oeillets maritimes au sommet des falaises, les couleuvres lovées dans la lande, le chant des pêcheurs, … »

Je me suis tout de suite prise d’une grande affection pour Elise. C’est une jeune femme incroyablement forte, intelligente, romantique et entière, tout en ayant la tête bien vissée sur les épaules. Mais je suis aussi tombée sous le charme de tous les autres personnages, Kit un peu moins peut-être car je l’ai trouvé assez lisse et immature. La façon dont l’auteur évoque l’exil, avec cette crainte de se perdre, d’oublier le visage de ceux qui sont restés est poignante. On partage la dévotion d’Elise à l’égard des quelques reliques familiales qu’elle a emmenées avec elle. Une robe de sa mère, des perles, le dernier manuscrit de son père (écrivain) caché dans un alto (sa mère est musicienne) (d’où le titre original du roman The novel in the viola – que je préfère en raison de ce qu’il évoque). Ils sont tout aussi précieux à nos yeux qu’aux siens. Je me souviens avoir été bouleversée par une scène à la fin où la métaphore installée par l’auteur autour de ce manuscrit caché nous explose à la figure.

Un passage où Elise parle de ses parents : « D’habitude, je les voyais dans la maison de mon enfance. Julian écrivait dans son bureau, Anna revenait de son shopping les joues roses, encombrée de paquets enveloppés dans du papier rayé. A présent, je ne savais comment penser à eux. Je n’avais plus d’images en tête, l’écran était blanc ».

« Lorsque je pensais à l’Elise de Vienne avec sa vie facile remplie de concerts, de bains parfumés et d’amour familial, j’avais l’impression qu’il s’agissait d’une autre personne ».

Le ton du roman est certes nostalgique et mélancolique, mais je ne l’ai pas trouvé triste pour autant. C’est un roman qui est très atmosphérique. Il y a de très jolies scènes plutôt joyeuses qui apportent elles aussi beaucoup au ton général. Mais ce qui a achevé de me convaincre et de m’emporter dans ce tourbillon d’émotions, c’est la façon dont le manoir et la mer prennent part à l’histoire. Ils sont eux aussi des personnages. On sent presque le vent nous fouetter le visage. On entend les vagues le long du rivage. Le manoir de Tyneford nous fait rêver, avec sa rudesse et son luxe désuet. Je vous ai inséré quelques passages évocateurs du talent de l’auteur pour créer des ambiances et donner à un lieu une atmosphère unique. Ceux qui ont lu Rebecca penseront à Manderley. Pour terminer, j’évoquerai rapidement la fin en demi-teinte que j’ai beaucoup aimée. Je l’ai trouvée à l’image du roman. En ce qui concerne le village de Tyneford, l’auteur s’est d’ailleurs inspirée d’une histoire vraie, elle en parle dans une note finale. J’ai lu que certains considéraient ce livre comme une romance. Certes, il y a un aspect romantique qu’on ne peut nier, mais personnellement, je le vois plutôt comme un roman d’apprentissage sur l’exil, avec une héroïne plus que digne de notre attachement. Je vous le recommande vivement. Quant à moi, je vais me pencher sérieusement sur les autres romans de l’auteur.

-Emy

Le manoir de Tyneford, Natasha Solomons, Calmann-Lévy, 2012, 456 p.

Disponible en poche.

Nous

nousParis, Amsterdam, Munich, Vérone, Venise, Florence, Rome, Naples. Le Louvre, le musée Van-Gogh, la place Saint-Marc. Terrasses ensoleillées, trattorias bondées : l’été s’annonce chargé pour les Petersen. Douglas, le père, est extatique. Connie, la mère, est plus mesurée. Pour Albie, leur fils de dix-sept ans, c’est carrément l’enfer. Et pour tous, c’est peut-être l’occasion d’un nouveau départ. 

Je fais partie de ceux qui ont adoré One day de David Nicholls. Je n’ai pas lu ses autres romans, mais j’étais particulièrement emballée à la lecture du résumé de son dernier livre. Un voyage à travers l’Europe en compagnie d’une famille dysfonctionnelle en quête d’un second souffle, je suis partante. Pourtant je ne peux vraiment pas dire que je ressors convaincue de cette lecture.

D’abord, et surtout, je n’ai pas aimé les personnages que j’ai trouvés ennuyeux pour l’un et invivables pour les autres. Tout en prenant des airs de victime, Douglas, le narrateur, porte un regard condescendant sur sa femme et son fils. Son ton plaintif de pauvre malheureux tentant désespérément de faire ou de dire ce qu’il faut m’a rapidement tapé sur le système. Sans parler de Connie et Albie, irresponsables et lâches. Quand on met les trois ensemble, on se demande sincèrement comment ce mariage a pu durer autant de temps.

J’ai aussi été peu convaincue par la structure narrative du roman qui est découpé en chapitres courts alternant le passé et le présent. Nous suivons donc d’un côté la famille Petersen au cours de son périple européen, et de l’autre, nous avons Douglas qui raconte l’histoire de sa famille. Cette double narration plombe le rythme du récit qui se veut pourtant soutenu. Personnellement, j’aurais préféré me trouver davantage dans le présent. Rien n’empêchait d’y intégrer des souvenirs, je pense que ça aurait évité cette sensation de coupure systématique. De plus, les passages dans le passé sont souvent inutilement longs, et on traine les pieds…

Pourtant, certaines des idées abordées sont intéressantes, notamment celle du couple à l’aube de la séparation. Comment appréhender cet entre-deux, comment se dire au revoir sans pour autant se dire adieu, ou encore comment accepter une séparation imposée ? Existe-t-il un geste miraculeux qui fera changer l’autre d’avis ? Autant de questions auxquelles Douglas, en bon scientifique, tente d’apporter une réponse logique. Mais l’ensemble est finalement assez ennuyeux et très prévisible. On tente désespérément de rejoindre les Petersen en Europe, mais Douglas est incapable de rendre compte de l’ambiance d’une ville autrement qu’en décrivant platement ses artères principales. Et je ne parle pas des musées et des oeuvres d’art dont il nous parle. Il est tout simplement barbant. Si on rigole de temps à autre, cela se fait toujours aux dépens du narrateur, ce qui a tendance à lasser au bout d’un certain moment. Je ne parle pas non plus du dernier tiers du livre, où l’auteur ne fait vraiment pas dans l’originalité…

En bref, une belle déception. Je pense que si je m’étais prise d’affection pour le narrateur, j’aurais pu passer un moment sympathique avec ce roman, en dépit de ses autres défauts. Malheureusement, ça n’a pas été le cas.  Si certains d’entre vous l’ont lu (ou pas), je serais ravie de connaître votre point de vue.

-Emy

Nous, David Nicholls, Belfond, 2015, 477 p.