Axolot – Patrick Baud

Axolot, la bande-dessinée écrite par Patrick Baud et illustrée par une dizaine de dessinateurs est un objet que tout amateur d’histoires extraordinaires et d’anecdotes cocasses se doit d’avoir dans sa bibliothèque ! Pour ma part, c’est ma chère amie Axelle qui me l’a prêtée, mais je peux vous assurer qu’elle rejoindra mes étagères dès que l’occasion se présentera. Axolot, ce n’est pas seulement une bande-dessinée. A la base, c’est d’abord un blog et une chaîne Youtube, tous deux de grande qualité et sur lesquels je vous recommande vivement d’aller faire un tour. Un livre que je n’ai pas encore découvert a également été publié. Inutile de dire que je suis désormais très tentée ! Mais revenons à ce qui nous intéresse aujourd’hui, la bande-dessinée.

Ce cabinet de curiosités aussi original qu’intéressant est découpé en plusieurs parties. Il y a d’abord les petites histoires racontées en mini bandes-dessinées s’étalant sur plusieurs pages, avec parfois une note conclusive apportant des éléments supplémentaires à l’histoire. Le fait qu’une dizaine d’illustrateurs aient participé à sa réalisation lui donne un côté délicieusement éclectique. Vous y trouverez également beaucoup d’humour, souvent noir (et macabre, aussi), mais bien dosé. Le genre humain y est souvent tourné en dérision, et c’est assez savoureux !

Entre ces histoires, viennent s’insérer quatre rubriques aux sujets plus spécifiques : Bestiaire extraordinaire, 10 façons dont votre esprit vous manipule , 5 arbres hors du commun et enfin Cabinet de curiosités. Celles-ci regroupent différentes anecdotes, illustrées pour certaines, mais surtout racontées de façon plus concise que les précédentes. J’ai vraiment adoré ces quatre rubriques qui, combinées au reste font de cette bande-dessinée un objet unique. On pourrait craindre un ensemble décousu, mais ce n’est absolument pas le cas. Tout est cohérent, fluide et extrêmement singulier, signe que ce cabinet de curiosités vaut définitivement le détour ! De plus, vous y resterez un bon moment, car la bande-dessinée est assez copieuse, et il y a de quoi passer quelques heures à s’étonner en bonne compagnie.

C’est d’ailleurs typiquement le genre d’ouvrage à offrir et à partager. Avec son esthétique des plus réussies, et son contenu dense et captivant, il ne manquera pas de séduire tous ceux qui lui donneront sa chance.

 -Emy

Publicités

Le dernier des cinq trésors

Plus qu’une semaine avant Noël ! Comme ça passe vite ! Je n’y pense pas trop car la simple idée d’enlever mon sapin me rend triste.

Je reviens aujourd’hui pour vous parler du tome 3 des Carnets de Cerise que j’ai lu il y a quelques jours et pour lequel j’ai eu un énorme coup de coeur.

L’histoire commence avec notre héroïne écrivant au Père Noël. Pas qu’elle y croit encore, mais elle souhaite lui demander ses conseils pour offrir à sa maman un cadeau spécial, un cadeau « qui la touche vraiment ». Elle continue en nous racontant comment s’est passé le premier trimestre au collège et ce qu’il y a eu de nouveau dans sa vie dernièrement. Elle a notamment fait la connaissance de Sandra, une relieuse de livres qui passe régulièrement à la bibliothèque où Elisabeth, rencontrée quant à elle dans le tome 2, raconte des histoires. Sandra propose à Cerise et ses amies de venir à son atelier afin qu’elle leur explique son travail. C’est alors que les filles trouvent un paquet un peu spécial, « le premier des cinq trésors ». Avec Sandra, à laquelle est destiné ce mystérieux cadeau, les filles vont partir en quête des autres trésors…

Je pense que c’est celui des trois tomes que je préfère. Outre le fait qu’il se déroule juste avant Noël, c’est celui dont l’intrigue fait le plus écho à l’histoire de notre jeune héroïne qui, comme Sandra, a perdu son papa. Les fêtes de Noël sont toujours une période difficile pour ceux qui ont perdu un parent proche, mais c’est aussi l’occasion de prendre un peu de temps et de se souvenir.  L’histoire est toujours aussi poétique et touchante, et les dessins « hivernaux » sont renversants. J’ai adoré la scène de décoration du sapin, et me prendre au jeu des traditions de Cerise et sa maman. Car si l’on en apprend davantage sur Sandra, c’est surtout de la relation entre Cerise et sa mère dont il est question ici. Une très belle réussite, une nouvelle fois. Si vous êtes à jour dans la série, ce dernier tome renferme l’histoire parfaite à lire le jour de Noël au pied du sapin. Je recommande vivement !

– Emy

Les carnets de Cerise – Tome 2 : Le dernier des cinq trésors, Joris Chamblain, Aurélie Neyret, Editions Soleil, 76 p. 

L’embranchement de Mugby, un joli conte plein de charme

Cette jolie petite bande-dessinée publiée à l’Ecole des loisirs (pour mon édition) vous fera passer un très bon moment. C’est le genre de petit livre qui se lit très rapidement, et avec lequel on serait bien restés un peu plus longtemps. Il sera toutefois parfait si vous recherchez une lecture rapide pour la veillée de Noël, ou si vous voulez simplement le lire à un enfant, avant de le coucher, ou au pied du sapin.

L’histoire est assez basique, et on devine rapidement son dénouement, mais il en va souvent ainsi en matière de conte. C’est un peu comme la moralité, il y en a toujours une. Il faut savoir se prêter au jeu. Mais cela n’enlève rien au charme de notre lecture. Les dessins ont ce côté un peu « crayonneux » que j’aime beaucoup. Ils sont tantôt chaleureux tantôt sombres ; ce côté plus noir sert d’ailleurs très bien le Londres de Dickens comme on se l’imagine. Le fait qu’une gare soit au centre du récit n’avait bien entendu rien pour me déplaire, c’est le genre d’endroit que j’aime particulièrement retrouver dans mes lectures (ou dans la vraie vie – même si les voyages en train ne font pas tous rêver !), et la gare de Mugby est joliment exploitée ici.

6b6fc-dsc_0276

L’embranchement de Mugby est en réalité tiré d’un conte de Dickens. Je ne sais pas si vous le connaissiez, mais moi pas du tout ! Après quelques recherches, il s’agit d’un conte repris dans un recueil de nouvelles écrites par Dickens et ses collaborateurs intitulé Mugby Junction. Je compte d’ailleurs bien le commander car j’ai très envie de le lire dans son intégralité. Pour les amateurs, il est disponible chez Folio pour seulement deux euros… !

665b2-dsc_0270

Je remarque que je ne vous ai pas vraiment parlé de l’histoire proprement dite, et je pense que c’est finalement mieux comme ça. Vous garderez votre curiosité intacte… Mais pour bien vous tenter, je vous ai laissé avec quelques dessins pour que vous vous fassiez une idée de l’ambiance…

c0681-dsc_0278

– Emy

L’embranchement de Mugby, d’après un conte de Noël de Dickens, Rodolphe & Estelle Meyrand, L’école des loisirs, 42 p.

Le livre d’Hector

f18da-couv_199718Ce sont les vacances. Erica est partie en colonie et Line est en visite chez son neveu. Pendant ce temps, Cerise tente de s’occuper l’esprit comme elle peut en observant le monde qui l’entoure avec la curiosité et l’imagination qu’on lui connait. Elle griffonne dans son carnet et nous raconte son quotidien, ainsi que les évènements qui se sont déroulés depuis l’aventure du zoo pétrifié. Mais un nouveau mystère s’est imposé à Cerise ! Une vieille dame prend le bus toutes les semaines à la même heure, seule, avec un objet ressemblant à un livre entre les mains. 1001 questions se bousculent dans la tête de notre héroïne, elle est d’ailleurs bien contente que ses amies rentrent de vacances pour éclaircir ces évènements des plus étranges !

Avec un dessin toujours aussi enchanteur (certaines planchent conquerront le coeur des amoureux des livres, je vous le garantis!), Joris Chamblain et Aurélie Neyret nous livre ici un deuxième opus des plus réussis, et sans conteste à la hauteur du premier tome. C’est un véritable plaisir de retrouver Cerise, ses amies, sa maman et Mme Desjardins. L’histoire est quant à elle toujours aussi originale, peut-être moins poétique que dans le premier volet (difficile de faire mieux!), mais tout aussi réussie et particulièrement touchante. Une nouvelle fois, Cerise va venir en aide à une personne âgée enfermée dans sa solitude. J’aime beaucoup les histoires qui traversent et font se rencontrer plusieurs générations. On a tous à apprendre les uns des autres, et ça, Cerise l’a bien compris ! Cela ne l’empêche pas d’être maladroite, et de blesser ses proches, qui ont souvent l’impression que pour elle, seuls comptent les mystères ! Outre l’histoire principale, ce tome 2 est aussi l’occasion pour Cerise d’apprendre qu’il n’y a pas que les aventures dans la vie. Notre jeune héroïne va se rendre compte qu’il est tout aussi important d’accorder son attention à son entourage et de lui consacrer du temps, sans avoir systématiquement une idée derrière la tête !

c3620-dsc_0276

Si vous ne vous êtes pas encore laissés tenter par Les carnets de Cerise, je vous invite à le faire immédiatement ! Il serait tellement dommage de passer à côté de pareils petits trésors… En plus, ils feront de très beaux cadeaux de Noël ! Quant à moi, je vous reviens très bientôt avec mon avis sur le troisième tome qui vient de sortir et qui promet de nous plonger dans l’ambiance de Noël…

-Emy

Les carnets de Cerise – Tome 2 : Le livre d’Hector, Joris Chamblain, Aurélie Neyret, Editions Soleil, 76 p.

La vraie vie d’Agatha Christie

Agatha - La vraie vie d'Agatha Christie de Martinetti/Lebeau/FrancJe vous retrouve aujourd’hui avec une autre bande-dessinée, et encore une oeuvre pour laquelle j’ai eu un véritable coup de coeur. Aperçue furtivement sur la toile, elle a tout de suite attiré mon attention, et je n’ai pas hésité à l’emporter avec moi après l’avoir feuilletée. Les trois auteurs de cette petite merveille ont réalisé un travail à la fois divertissant, instructif et incroyablement bien illustré.

La bande-dessinée retrace, comme son nom l’indique, la vie d’Agatha Christie, y incluant à la fois les évènements de sa vie personnelle entremêlés à sa vie d’écrivaine. Le récit commence par l’épisode de sa disparition en 1926 sur laquelle planera toujours un mystère qu’elle ne dévoilera jamais. Cela marque sans doute la volonté des scénaristes de mettre immédiatement l’accent sur la forte personnalité d’Agatha, nous apparaissant ainsi d’emblée comme une femme indépendante, maîtresse de son sort, pouvant disparaître et réapparaître sans avoir le sentiment de devoir s’expliquer.

L’histoire  se construit donc par des retours en arrière et enchaîne de façon naturelle sur la suite des aventures de l’écrivaine, après l’épisode de 1926. Le tout est très habilement mené, et grâce aux dates mentionnées au-dessus des planches ainsi qu’au physique changeant d’Agatha, il n’est pas vraiment possible de s’emmêler les pinceaux et de perdre le fil du récit.

Cette biographie illustrée nous fait découvrir une femme moderne (et consciente de l’être). Agatha mènera une vie des plus remplies, faites de nombreux voyages, et d’expériences inoubliables dont elle se nourrira et ne manquera pas de s’inspirer dans son écriture. Elle fait indéniablement partie de ces femmes dont la vie et les valeurs sont de vraies inspirations, encore à l’heure actuelle.

783ad-dsc_0264

db5a1-dsc_0266

Agatha est une bande-dessinée fouillée, reposant sur un savoir solide et mis en scène de façon particulièrement habile. Il s’agit d’une oeuvre bavarde qui laisse cependant au dessin la place qui lui revient. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé le trait d’Alexandre Franc ainsi que son utilisation des couleurs.

Par ailleurs, le tout ne manque vraiment pas d’humour ! Tour à tour, le lecteur fait la connaissance d’Hercule Poirot, de Miss Marple et d’autres héros ayant construit l’oeuvre d’Agatha. Ils apparaissent dans le récit comme des sortes de « conscience » et donnent lieu à des scènes drolatiques, à tendance caustique.  Cela montre aussi de façon assez pertinente le rapport qu’elle a pu avoir avec ses personnages, et la manière dont ceux-ci l’habitaient et l’accompagnaient au quotidien.

e79a6-dsc_0276

3ae19-dsc_0274

Si vous êtes comme moi, et que vous ne connaissez Agatha uniquement au travers de ses romans, votre curiosité sera assouvie, mais également agréablement attisée. Je trouve qu’il s’agit d’une parfaite introduction pour ceux et celles qui souhaiteraient en apprendre davantage sur la dame du crime, et se plonger ensuite dans sa biographie. Mais c’est également une oeuvre qui se suffit à elle-même et qui nous conte brillamment, en un tour de traits et de lettres, la vie d’une des grandes figures de la littérature anglaise.

– Emy

Agatha – La vraie vie d’Agatha Christie, Anne Martinetti, Guilaume Lebeau, Alexandre Franc, Marabout, 114 p.